Les députés U.M.P. annoncent vouloir interdire le port de la burqa en France. Motif juridique : dissimuler son visage à autrui serait un trouble à l’ordre public.
On ne peut que se féliciter de cette volonté de la majorité U.M.P. de mettre fin, avant qu’il ne s’étende, à un phénomène encore minoritaire. De même, on peut se réjouir que nombre de maires U.M.P. affirment ne pas vouloir de minarets sur les mosquées de leurs villes.
Mais, hélas, le problème n’est pas là, ou, du moins, il n’est là que de manière symbolique. Le minaret, la burqa, les drapeaux étrangers brandis lors des mariages, sont des phénomènes qui dépassent de la surface des choses, que l’on remarque. Ils sont les signes les plus visibles, ils ne forment que la partie émergée de l’iceberg.
Au nom de quoi interdirait-on la burqa mais accepterait-on le hijab ou le tchador ? L’un serait un trouble à l’ordre public et pas les autres ? Et quel ordre public, sinon celui de notre société française, de notre civilisation européenne, qu’on la veuille laïque ou chrétienne ? En Iran, c’est l’absence de voile qui constitue un trouble à l’ordre public. Cette élémentaire notion «d’ordre public» indique bien, par sa subjectivité, à quel point la coexistence d’identités n’est pas longtemps possible.
La burqa ou les minarets, ne sont que les symptômes les plus virulents d’un phénomène qui s’appelle l’islamisation. Nos élites font mine de croire que l’Islam est soluble dans la démocratie, dans la loi de 1905, dans la culture française. Je dis à dessein «font mine», car, en fait, ils savent bien que ce n’est pas vrai. Il suffit de parler en privé avec des élus de gauche ou de droite pour constater à quel point ils sont épouvantés par la situation qu’ils ont créée et laissé créer depuis trente ans. Dire la vérité sur l’incapacité de l’islam à s’adapter aux sociétés occidentales obligerait ces élites non seulement à reconnaître leurs erreurs, mais, surtout, à devenir courageuse et à affronter la réalité. Ils ne le font pas, ne le feront pas et continueront tout droit vers l’iceberg.
Alors, en attendant le choc, le capitaine et son équipage veulent distraire les passagers, qui tout de même s’inquiètent, en annonçant des lois sur les signes visibles. Mais, sous ses signes, l’essentiel reste intact. Et l’essentiel c’est cette masse colossale d’un Islam, certes divisé, certes fragmenté en tendances, mais uni par une volonté de revanche et de conquête.
Pour conclure, rassurons les islamophiles, la montagne UMP accouchera sans doute d’un tout petit mulot. Nicolas Sarkozy a déjà dit ne pas vouloir interdire la burqa dans la rue mais seulement dans les lieux publics. Bref, au mieux, pour venir chercher ses papiers de naturalisation, pour venir chercher ses allocations à la C.A.F., pour monter un dossier d’aide au logement ou pour visiter un musée, il faudra enlever sa burqa… Pour le reste, rien ne changera. Droit vers l’iceberg !
Ligue du Sud – Le 16 décembre 2009





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