« Le scénario est toujours le même. Le jour du mariage, ils arrivent dans un convoi d’une dizaine de voitures. En retard. Généralement, la voiture des mariés est un de ces modèles que personne ne peut se payer. Ils bloquent la circulation à dessein. Ils agitent leurs drapeaux marocains. Une fois qu’ils ont bien emmerdé tout le monde, c’est la troupe de musiciens en djellaba qui joue du tam-tam… »
Le directeur de la communication de la municipalité d’Orange, André-Yves Beck, ne fait pas dans la dentelle pour justifier la décision du maire Jacques Bompard (MPF, ex-FN) d’interdire les drapeaux étrangers lors des mariages célébrés dans sa commune. L’arrêté , pris le 1er décembre dernier, donne ainsi les pleins pouvoirs au maire ou à l’officier de l’état civil qui célèbre l’union pour « interrompre la célébration ou ne pas l’engager » en cas de présence « dans les locaux de la mairie ou aux abords immédiats de celle-ci, des drapeaux étrangers ou des signes d’appartenance nationale autres que ceux de la République française ». La préfecture du Vaucluse a deux mois pour contrôler la légalité de l’arrêt. Mais en attendant, « il est en vigueur », se réjouit André-Yves Beck, qui espère fortement que l’initiative d’Orange fasse tache d’huile.
« L’attachement légitime à des racines familiales ne doit pas prendre la forme d’une provocation »
Mercredi matin, la municipalité affichait d’ailleurs un certain optimisme. Quelques jours après l’arrêté d’Orange, une proposition de loi UMP allant dans le même sens a été déposée à l’Assemblée nationale. Un texte cosigné par 103 députés de la majorité. Jacques Bompard n’a pas hésité à prendre la plume pour « remercier » les auteurs de la proposition de loi. Conscient que cette proposition délicate pourrait ne jamais être transformée en loi – ce que le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a d’ailleurs confirmé à l’issue du Conseil des ministres mercredi -, l’édile a appelé tous les maires intéressés par la démarche à « prendre immédiatement un arrêté municipal » comme il l’a fait à Orange.
[Le Point]





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