À l’heure de la rigueur, il est plus que jamais évident que les décisions du gouvernement, prises il y a un an sous la pression irresponsable des présidents de nos collectivités territoriales (conseils généraux, métropoles…) concernant la LGV PACA doivent être combattues avec la plus grande vigueur.
En politique avisé, la Ligue du Sud raisonne « aménagement du territoire » à des horizons débordant les simples prochaines échéances électorales des 5, 10 ou 15 années à venir mais surtout en tenant compte des contraintes économiques (nos moyens et nos priorités), sociales (nos besoins et nos souhaits) et environnementales (notre patrimoine et notre culture)
Il est évident que s’il ne s’agissait de gagner, ne serait-ce qu’une heure, entre Paris et Nice, le projet ne saurait se justifier. Le véritable enjeu est de développer un réseau régional de transports en communs efficace, avec des dessertes bien réparties, des fréquences de passage, des horaires, une régularité, une sécurité… que le rail sera mieux à même de fournir de manière durable que la route (dangereuse, embouteillée, polluante, dévoreuse de nos reliquats d’énergies fossiles…), sans pour autant supprimer, comme certains (notamment les membres des sectes écolos) voudraient le faire, des investissements routiers et autoroutiers qui s’avèreront indispensables pour continuer à mailler nos territoires et apporter la mobilité à tous nos concitoyens.
Si la sagesse est de conclure qu’il faut construire une nouvelle infrastructure ferroviaire en Paca pour libérer des « sillons » nécessaires au transport quotidien régional, il ne faut pas, pour des raisons d’ego aveugle, faire n’importe quoi. Réseau Ferré de France avait, en complément du débat public de 2005, proposé fin 2008 de choisir entre deux solutions politiquement très différentes mais aussi et surtout économiquement (le scénario passant par Toulon, qui est déjà bien desservi par les TGV était plus de 50% plus cher que le tronçon direct Aix-Les Arcs), socialement (le tracé le long de l’A8 permettait de mieux desservir le centre Var) et environnementalement (moins de zones urbaines, moins de risques géologiques, moins de perturbations sur les espaces naturels, moins de vignobles touchés) très différentes.
Le 29 juin 2009, le politique l’a emporté sur le bon sens. Pire, c’est aujourd’hui une série de « non-sens »techniques et environnementaux auxquels nous sommes confrontés : comment passer sous Marseille ? comment sortir d’Aubagne ? comment traverser le Polgé de Cuges Les Pins sans risque hydrologiques ? comment descendre du Beausset et d’Ollioules pour entrer dans Toulon par l’Ouest ? comment traverser Toulon, et surtout faire passer dans cet unique goulot d’étranglement le trafic imaginé en 2040 sans rêver à un autre tunnel souterrain dont on ne mesure ni les difficultés ni les coûts ni les ralentissements ? comment sortir de Toulon pour prendre de la vitesse, comment tracer une ligne droite dans la dépression permienne ? Comment éviter la Plaine des Maures… ?
Autant de questions toujours ouvertes qui nous font craindre le pire ou l’abandon du projet et dont il nécessaire de débattre avec les élus, les techniciens et les citoyens de toutes tendances pour prendre des décisions sages et éviter la démence des nouveaux « démons pharaons qui dominent Toulon ».





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