Lors de l’annonce de son remplacement par Hugues Parant, Préfet du Var depuis quelques mois, Miche Sappin, Préfet de la Région PACA, a fait quelques déclarations pour le moins tonitruantes dont la Presse régionale s’est faite l’écho, et qui a fait immédiatement réagir les élus qui s’étaient entendus dans le bureau de Borloo pour faire adopter le tracé des métropoles, le plus cher, le plus risqué et le plus perturbateur pour l’environnement et l’agriculture varoise : « Si on avait suivi l’idée de départ (c’est-à-dire le scénario Côte d’Azur direct qui aurait emprunté le couloir de nuisance existant de l’A8, NDLR), on financerait et on démarrerait presque les travaux. On a été mauvais, collectivement, sur ce dossier ». Et il ajoute « Je suis très pessimiste sur l’avenir de cette ligne à grande vitesse ».
Oui mais voilà, alors qu’à la suite du débat public de 2005 et des études complémentaires conduites de 2006 à 2008 par Réseau Ferré de France, il était devenu évident que le scénario direct était préférable (Michel Sappin, représentant le point de vue de l’État, s’était exprimé en ce sens dès le printemps 2008 et tout le monde attendait l’annonce de cette décision que seuls les grands politiques locaux se refusaient à admettre pour des questions d’ego ou de clientélisme), il a suffit de quelques vociférations et d’arguments mensongers d’une élue qui craignait pour son siège suite à l’invalidation de son élection à la mairie d’Aix-en-Provence, pour que la clique UMP et deux de leurs homologues socialistes qui, on le sait, ont souvent des intérêts communs, aillent faire le siège de Jean-Louis Borloo pour qu’il nomme un médiateur avec pour mission de faire « avaler » un consensus de façade.
Gaudin et Guérini voulaient que la LGV passe sous Marseille (grands travaux obligent, ne serait-ce que pour satisfaire les entrepreneurs locaux). Estrosi et Ciotti voulaient surtout que la LGV se fasse, et vite, pour postuler au Mondial 2018 et pour désengorger leur aéroport saturé au profit de vols internationaux. Lanfranchi ne veut surtout pas qu’elle passe dans son fief de Saint-maximin. Quant à Falco, qui quant il était ministre de l’aménagement du territoire s’était bien gardé de traiter du sujet, ne serait-ce que par solidarité gouvernementale, il avait désormais un justificatif pour faire faire à la LGV un détour coûteux, inutile et risqué par Toulon qu’il faudra traverser en sous-sol ( !!!), ce qui ajoutera au minimum 2 à 3 milliards d’euro à la facture et plus de 20 minutes pour desservir Nice : « Gaudin va avoir sa gare en centre-ville à Saint-Charles, et bien moi aussi je veux ma gare à Toulon Centre, et na !!! ».
À ce jeu de l’ego, le train du sénateur devient une plaie mobile !
La Ligue du Sud ne veut pas en faire une affaire politique, mais elle s’interroge sur les motivations qui poussent à des choix aussi mauvais. Elle a interrogé plusieurs experts de tous bords et de toutes origines au fait du dossier et elle peut ainsi prendre une position sage : Il est nécessaire de construire rapidement une nouvelle infrastructure ferroviaire en PACA pour offrir un véritable service de transport en commun régional en libérant sur la ligne actuelle les sillons prioritaires des TGV pour les rendre à plus de TER, plus fréquents, plus réguliers, desservant mieux le territoire, offrant une réelle alternative efficace et fiable à la route afin de réduire les embouteillages, la pollution et les accidents. Il faut que cette nouvelle infrastructure soit moderne et rapide, désenclave l’Est du Var et les Alpes Maritimes, offre aux voyageurs des liaisons inter-cités. Il faut le faire vite, pour un coût raisonnable, en limitant au maximum les risques, les nuisances et les destructions d’espaces agricoles et naturels. Le scénario des Métropoles n’est, de toute évidence, pas la solution et tôt ou tard les études en démontreront les difficultés, les risques, les impossibilités. Si la sagesse fait alors revenir à l’autre solution, celle qui a té abandonnée en 2009, on aura seulement perdu 10 ans, mais aura-t-on encore à ce moment les moyens, l’énergie et le courage de décider ? Pendant ce temps les LGV de l’Ouest et du Sud-ouest, dont les débats publics ont été largement postérieurs à celui de la LGV PACA, sont entrées dans la phase de l’enquête publique et ont assuré leur financement.
Il n’y a vraiment pas de quoi être fiers de nos élus actuels.
Il faut revenir au plus vite sur cette décision avant qu’il ne soit trop tard.





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