Le 11 décembre dernier, le groupe « Changer d’ère » (élus PS et Verts) déposait devant le Conseil Municipal un vœu (rédigé par Abderrazak Fetnan) revenant sur la construction d’une grande mosquée à Nice et demandant à l’ensemble des élus de la ville d’apporter leur soutien à ce projet réclamé depuis plusieurs années par les représentants islamiques. Nous nous sommes procurés ce document et Philippe Vardon nous en livre une intéressante lecture commentée.
Considérant qu’à l’instar de ce qui se passe en France, la religion musulmane est en nombre de pratiquants, la deuxième religion à Nice.
Voilà bien l’un des points les plus intéressants que ce soutien réaffirmé du PS à la construction d’une Grande mosquée vient souligner: le poids réel des musulmans à Nice. Les quotidiens Nice Matin et Métro ont fait état de 50 000 à 60 000 musulmans à Nice (et 120 000 dans le département), chiffres réaffirmés par le conseiller municipal socialiste Abderrazak Fetnan ou encore Khalid Belkhadir, le représentant du Conseil Régional du Culte Musulman. Les musulmans représenteraient donc 17% des habitants de la ville… Dans un pays qui se refuse obstinément à un peu de clarté sur la réalité de l’immigration (et de son poids social, notamment avec des statistiques ethniques en matière de criminalité…), nous ne pouvons cracher sur de tels chiffres qui, s’ils apparaissent clairement incomplets -une partie de l’immigration d’Afrique noire n’est pas musulmane- et dont on peut remettre en cause la fiabilité absolue, nous renseignent tout de même un peu sur l’évolution de la population.
La religion musulmane serait donc, la deuxième religion à Nice. Certes. Rappelons tout de même que cela n’est du qu’à une immigration massive et incontrôlée, phénomène subit par les Français depuis plus de 30 ans et sur lequel ils n’ont jamais été consultés. Cette progression du culte musulman sur les terres niçoises n’a pas été souhaitée ou suscitée par le peuple, mais imposée. Et puis… est-ce donc à dire que puisque les musulmans sont nombreux ils auraient un droit imprescriptible à affirmer l’Islam sur nos terres? Et dans ces zones où les populations musulmanes sont désormais majoritaires (plusieurs arrondissements de Marseille, de nombreuses villes de la région parisienne, Roubaix…), doit-on comprendre que c’est carrément la charia -loi islamique inspirée de la vie du Prophète et du Coran- qui doit s’appliquer? Après tout, il est vrai que de nombreux musulmans – ici comme ailleurs- le souhaitent. C’est d’ailleurs l’une des revendications des Frères Musulmans, mouvement dont est réputée proche l’U.O.I.F. (Union des Organisations Islamiques de France) qui gère la mosquée Ar-Rahma de l’Ariane.
Considérant que, durant la campagne électorale des dernières élections municipales, vous avez publiquement pris position à plusieurs reprises en faveur de la réalisation d’une grande mosquée à Nice.
Oui et non. S’il est tout à fait vrai que Christian Estrosi a affirmé dès 2006 son soutien à la Grande mosquée, celui-ci a tenté de se faire discret sur ce sujet au cours de la campagne des élections municipales, refusant d’en parler quand on l’interpellait publiquement ou se retranchant derrière des explications délirantes pour justifier son soutien à ce projet (affirmant par exemple que des imams appelleraient au meurtre dans des salles de prière clandestines à Nice). Si nous avons mené une intense campagne de terrain pour ouvrir les yeux aux électeurs sur cet « agenda caché » d’Estrosi, il y a tout de même fort à parier que de nombreux Niçois ont été abusés en pensant voter pour un candidat opposé à la Grande mosquée. Tout récemment, des conversations m’en ont encore apporté la démonstration. Nous avons sans cesse dénoncé ces positions à géométrie variable, s’adaptant au climat ou au public, de Christian Estrosi et il n’y a rien d’étonnant pour nous à le voir encore aujourd’hui jouer les gros bras en prétendant être contre les minarets… tout en réaffirmant son soutien à la Grande mosquée (dans le talk Orange-le Figaro du 3 décembre dernier). Se réfugiant derrière de ridicules arguments architecturaux (qui participent du problème, peut-être, mais n’en sont qu’une infime expression), Estrosi détourne le vote suisse de son sens profond (celui d’un refus de l’islamisation de leur pays!) et donne là toute l’expression de son sens politique en réduisant à une question de paysage un enjeu de civilisation.
Considérant que, de nombreux citoyens, musulmans ou nous, avaient apprécié de voir que ce dossier faisait consensus auprès des principaux candidats au fauteuil de Maire.
Considérant que (mince, si je me mets à m’exprimer comme eux…) les principaux candidats au « fauteuil de Maire » -voilà une expression qui grandit la fonction…- étaient Christian Estrosi, Patrick Allemand et… Jacques Peyrat (qui était tout de même le Maire sortant), cette affirmation est fausse. Au cours de ses mandats, et pendant la campagne Jacques Peyrat n’a jamais caché ses doutes quant à la nécessité d’une Grande mosquée dans notre ville. D’autre part, quelles sources permettent une telle affirmation à M. Fetnan?
De nombreux citoyens? Qui-quand-où-combien?
Considérant qu’en tant que Conseiller Municipal de la Ville de Nice, les représentants de la communauté musulmane de Nice m’ont interpellé tout récemment sur ce sujet [...]
En tant que Conseiller Municipal ou en tant que musulman? Je trouve pour ma part plutôt malsain que cela soit un Conseiller Municipal musulman que ces représentants soient allés trouver, et que donc ce soit ce dernier qui porte ce vœu. A tort ou à raison, cela donne une forte connotation d’entraide communautaire à ce dossier.
Considérant les termes du rapport commandé par le Préfet Pierre Breuil concernant la situation du culte musulman sur la Ville de Nice [...] Considérant que la conclusion de ce rapport était sans ambiguïté « Il y a là un fort enjeu de reconnaissance. Dans cette perspective l’objectif serait de se doter d’un lieu fédérateur. Un outil qui permettrait à chacun de s’identifier à une communauté davantage unifiée. Cette volonté fédératrice est associée à une plus grande ouverture sur l’extérieur, c’est-à-dire en direction de la société locale. »
Nous sommes là devant un passage très important. Important car révélateur de toute l’ambiguïté (justement) de la pensée et de l’attitude de nos élites gouvernantes face à l’islamisation de notre société.
Alors que l’on entend sans cesse évoquer la lutte contre les communautarismes (fraternité, citoyenneté, blablabla), voici qu’un rapport émanant des services du Préfet réclame « un lieu fédérateur » porteur d’un « fort enjeu de reconnaissance », un lieu (on parle bien de la Grande mosquée, ne perdez pas le fil) « qui permettrait à chacun de s’identifier à une communauté davantage unifiée ». Et sans avoir l’impression se contredire le rapport parle ensuite tranquillement d’une « plus grande ouverture sur l’extérieur ». Mais bien sûr… C’est en se dotant d’un lieu central pour s’affirmer comme une communauté constituée et fédérée au sein de la Cité que les musulmans vont davantage s’ouvrir vers l’extérieur, c’est l’évidence même. Une telle bêtise me rappelle ce cher Jean-François Copé expliquant, sûr de lui comme il convient, que l’apprentissage de l’arabe par les enfants d’immigrés maghrébins est une chance pour leur intégration.
Des familles, des immeubles, des quartiers entiers où l’on ne parle qu’arabe; des mosquées-cathédrales en projet dans de très nombreuses villes; des revendications islamiques de plus en plus prégnantes (horaires séparés pour les hommes et les femmes dans les piscines, viande de porc disparaissant des cantines, sapins de Noël retirés des écoles ou des entreprises, vente d’alcool interdite dans les épiceries de certains quartiers, voiles…); c’est cela la réalité de l’islamisation de la France et l’Europe. On est loin de cette « plus grande ouverture sur l’extérieur » fantasmée, dont les affirmations de patriotisme algérien dans notre ville ont sans doute encore apporté un témoignage probant…
Considérant qu’il n’appartient pas à la puissance publique de se substituer aux initiatives de la communauté musulmane mais que la liberté d’exercice du culte a besoin de lieux dignes et non de simples paroles pour exister.
Il faut arrêter de se moquer de nous. Ce n’est pas simplement un « lieu digne » que la communauté musulmane, et M. Fetnan qui s’en fait le porte-parole via son mandat de Conseiller Municipal, réclame. C’est une Grande mosquée, une mosquée-cathédrale. Lieu « fédérateur » (pour reprendre les termes du rapport préfectoral), central, symbolique. Symbolique, car il marquera le passage de Nice à une terre d’islam.
Des lieux dignes, les musulmans de Nice en ont, à commencer par la (grande!) mosquée de l’Ariane qui peut accueillir 800 fidèles et possède même une bibliothèque, des salles de classe, etc.
Et il faut aussi en finir avec ce prétendu « islam des caves » qui serait très dangereux, à contrario de l’islam « peace and love » que l’on produirait dans les mosquées. Tout d’abord, cet « islam des caves » est davantage celui de salles de prières tout à fait aménagées et confortables, les caves des cités étant trop utiles pour y planquer de toutes autres marchandises que des tapis de prière ou des corans… Ensuite, les talibans – que je sache- n’ont pas été formés dans des caves, et cela n’a pas été le cas non plus des islamistes partis des mosquées de la région lyonnaise pour mener le Jihad en Bosnie, au Kosovo ou en Irak. Quelle différence entre des mosquées où personne ne peut vérifier l’enseignement et la parole transmise et ces prétendues caves? Aux dernières nouvelles, c’est bien l’U.O.I.F., tendance la plus radicale de « l’islam de France » si cher à Sarkozy qui administre la mosquée de l’Ariane!
Considérant par contre qu’il appartient à la puissance publique, en tant que levier de l’action politique, de tout faire pour faciliter la construction de cette mosquée.
Fallait-il attendre la fin du document pour que les masques tombent? Qu’entend Abderrazak Fetnan par cette phrase? Et qu’entend d’ailleurs le porte-parole socialiste Xavier Garcia quand il affirme dans Nice Matin, suite à notre manifestation devant les locaux du PS, « il est juste question de faciliter l’obtention d’un permis de construire »?
C’est bien d’une aide publique qu’il est ici question, c’est bien d’un détournement maquillé du principe de laïcité qu’il s’agit. C’est bien d’un soutien politique à l’islamisation du pays dont nous sommes témoins.
Considérant que, près de 20 mois après votre élection, le temps est venu de préciser de manière pratique les moyens que vous comptez mettre en œuvre pour que cette grande mosquée soit construite et inaugurée le plus rapidement possible.
Tiens justement, pourquoi 20 mois après l’élection et pas 12 ou 24? Ah mais j’oubliais, les élections régionales approchent, et il est important pour les socialistes de rappeler à 17% des électeurs niçois combien ils les aiment…
En conséquence, les élus du groupe « Changer d’ère » sollicitent les membres de l’assemblée pour demander que soit réalisé à Nice avant la fin de votre mandat, soit 2014, la grande mosquée que vous aviez promise.
Nous voyons ici que les élus du groupe « Changer d’ère » ont des préoccupations très sociales en cette période de crise économique… Je suis même loin d’être certain que tous les électeurs s’étant portés vers leur liste soient à ce point tentés par la construction d’une Grande mosquée à Nice. Mais la soumission au politiquement correct (dhimmitude intellectuelle?) et le clientélisme communautaire sont des drogues à très forte dépendance… Mais peut-être devrions-nous être satisfaits, en réclamant cette mosquée avant 2014, les élus socialistes et Verts font officie de modérés face à Khalid Belkhadir, le représentant du Conseil Régional du Culte Musulman, qui la réclame pour 2012!
De notre côté, nous savons à quo nous en tenir quant à la nouvelle vision de « l’Allahicité » que défendent si bien élus PS comme UMP… Au-delà de l’affirmation du principe public de laïcité, qui peut certes être une arme mais n’apporte qu’une réponse partielle au défi de l’islamisation, nous allons chercher les moteurs de notre résistance avec sérénité mais fermeté dans nos racines les plus profondes et affirmons que le Pays Niçois est une terre de tradition helléno-chrétienne et n’a pas vocation à devenir terre d’islam! Jamais.
Philippe Vardon







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