Sous l’effet de la mondialisation et de l’absence totale de protectionnisme des états européens, l’endettement massif est devenu un problème crucial dans plusieurs pays voisins, comme l’Irlande, la Grèce ou l’Espagne, contraints d’adopter des plans d’austérité.
Les mesures de réduction des déficits publics s’orientent autour de quatre axes principaux : la baisse des dépenses budgétaires générales, la révision des statuts de la fonction publique et donc de ses coûts, la hausse de l’âge de la retraite et la hausse de la charge fiscale.
Mais cela suffira-t-il à redresser la situation financière catastrophique de l’économie européenne, ce n’est pas certain. Aussi les dirigeants européens en viennent à parler de « faillite des États ».
Théoriquement, cette faillite n’est pas possible. C’est le concept du « too big to fail », autrement dit « trop grand pour faire faillite ». En fait, certaines entreprises sont considérées par l’État comme étant trop importantes pour les laisser faire faillite, en particulier dans le domaine bancaire. Son application s’est progressivement étendue à l’ensemble des très grandes entreprises et aux États eux-mêmes.
C’est un des nombreux effets pervers de l’intervention étatique, qui encourage ces entreprises à prendre des risques mais sans avoir à en subir les conséquences puisque, dans le pire des cas, c’est l’État qui paye les dettes. Ce système déresponsabilise ceux qui ont à charge la gestion des entreprises jugées « too big too fail » et n’est en fait rien d’autre qu’une amnistie perpétuelle du milieu financier qui, de temps en temps, jette un Jérôme Kerviel en sacrifice expiatoire à la vindicte médiatique pour tenter de calmer la colère des peuples.
En amont, les économistes ayant recommandé aux gouvernements d’intervenir le moins possible voire de ne pas intervenir du tout dans le domaine financier, le providentialisme s’est peu à peu imposé aux pays européens. Il a amené l’État à assumer de nouveaux rôles en économie mais surtout dans le domaine social sur lequel l’Europe, France en tête, est extrêmement sollicitée, et l’État providence s’est peu à peu transformé en « état sponsor ».
En conséquence, les budgets ont explosé. En parallèle avec l’application keynésienne du providentialisme étatique, l’objectif d’équilibre budgétaire a été abandonné. On a admis le recours à l’emprunt afin de s’adapter aux cycles économiques, les déficits d’une année étant compensés par les excédents futurs probables. Bref, c’est toujours à d’autres de payer, en l’occurrence aux peuples, mais maintenant on échelonne les dettes aux générations futures. Pendant ce temps, les États européens continuent de courir à la faillite, ne cessant de recourir à l’emprunt tout en accroissant dettes et intérêts !
En France, depuis 1974, tous les budgets ont été exécutés en déficit alimentant une dette qui s’élève aujourd’hui à 1176 milliards d’euros et cela sans compter la dette des régions, des retraites, de la sécurité sociale… Une situation qui a conduit l’actuel premier ministre à évoquer la faillite de l’État.
De plus, le surendettement des États s’ajoute aux endettements croissants des citoyens réduits à l’état de « consommateurs » par le monde politico-financier, pour lequel la consommation est le seul moyen de relancer la croissance, au moins sur le papier. Conjointement, les banques et les organismes de crédits ont multiplié les possibilités de crédits facilitant le multi-endettement des « consommateurs ». Est-il besoin de rappeler que l’argent qui est utilisé pour s’endetter à la consommation ne rentre pas comme impôts dans les caisses de l’état.
Le problème c’est que l’état est débiteur du peuple puisque c’est le contribuable qui, par les impôts et les taxes, est son premier et principal financeur. La faillibilité des états, c’est-à-dire leur ruine, implique nécessairement celles des peuples. En effet, c’est la souveraineté même de l’état, première défense des peuples, qui est remise en cause par cette possible mise en faillite et si celui-ci se retrouve dans l’incapacité de payer, c’est le peuple tout entier qui se voit de fait asservi par la dette nationale.
Or, en matière de remboursement, les créditeurs font souvent moins de sentiments que les débiteurs. Alors, que se passera-t-il à ce moment là ? Que ce passera-t-il si la France, ou un autre pays surendetté, se voit exiger le remboursement de ses dettes ? Viendra-t’il des « huissiers » européens, mondiaux, pour saisir les peuples ? Est-ce que ce sont les peuples qui vont payer pour l’irresponsabilité de ceux qui ont accepté et géré selon la loi du « too big to fail » ?
Le système mondial repose sur la contraction d’emprunts creusant la dette de tous ou presque, puisqu’il faut bien qu’il y en ait à qui cela profite, certaines multinationales ou banques mondiales, mais en réalité, les dettes s’accumulent et les capacités réelles de paiements diminuent. L’objectif de ce système : l’aliénation des États et des peuples afin de faciliter les échanges mondiaux tout en diminuant au maximum le coût de la main d’œuvre.
Pour faire face à cette situation, la Ligue du Sud propose :
- Le retour à la souveraineté économique et politique des États.
- L’instauration d’un salaire horaire mondial minimum empêchant les grandes multinationales d’exploiter la précarité des peuples des pays en voie de développement.
- La responsabilité civile voire pénale des organismes financiers et organismes de crédits qui laissent des personnes ou familles, et maintenant des pays, s’endetter jusqu’à la ruine.
- L’interdiction de l’endettement de plus d’un tiers des bénéfices acquis par une personne ou un organisme, que celui-ci soit public ou privé.
- La relocalisation des tissus économiques et sociaux par la mise en place d’un commerce équitable favorisant la main d’œuvre, la production et la consommation locale, qui participerait d’un fonctionnement économique plus écologique.





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