Il existe un point commun entre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, c’est le grand écart que ces deux professionnels de la politique n’hésitent jamais à faire pour séduire des électorats différents.
Il y a quelques semaines, le président du FN surnommait le maire de Marseille, coupable de faciliter l’installation d’une mosquée géante dans sa ville, du sobriquet de « Ben Gaudin ». Aujourd’hui, le FN annonce une affiche « Contre l’islamisation » représentant une femme voilée inquiétante.
L’imposture est totale. En effet, ce même Le Pen qui tient en Provence – et durant la campagne électorale – des propos hostiles à l’immigration et à l’islamisation, profère un discours totalement inverse, quand il est chez lui à Paris. Des preuves ? En voici :
Interviewé par Flash, revue proche du FN, à l’automne dernier, Jean-Marie Le Pen a osé affirmer : « Les 5 piliers de l’islam sont compatibles avec les coutumes françaises ».
Dans le même interview, il ajoute même que, selon lui, l’islam n’est pas plus violent que la religion chrétienne avant de conclure son interview par une « prédiction » dont il se félicite : ce pourrait être un général d’origine maghrébine qui remettra un jour de l’ordre dans nos villes ! Ben voyons…
Dans le journal Famille Chrétienne, en mars 2007, il affirmait déjà : « l’islam est un ciment social dans les banlieues ». Le Pen habite dans un hôtel particulier de l’ouest parisien. S’il partageait le quotidien des Français qui vivent, eux, en banlieue, il saurait que le ciment social de ces cités c’est le trafic de drogue, c’est la haine de la France. Et si d’aventure, ce « ciment » était l’islam, il faudrait le redouter, et non s’en réjouir comme Le Pen le faisait dans son interview. Ce même Le Pen qui était inquiet, dans le journal Flash que «l’islam puisse se corrompre dans l’intimité d’un occident décadent ».
On peut aussi ajouter que l’an dernier, Jean-Marie Le Pen participait en tant qu’invité au 30ème anniversaire de la révolution islamique. Favorable à la bombe atomique pour l’Iran, il y a répondu tout sourire aux questions d’une « journaliste » en tchador. En ce mois de février 2010, il persiste en déclarant à la presse que « le voile ne le dérangeait pas » !
Il faut donc toute l’indécence d’un Le Pen, tout son mépris pour son électorat, pour tenir ainsi un double langage. On notera également le silence complice de la presse qui ne relève pas ces contradictions. Un épouvantail, même avec une paille bouffée aux mites, est toujours utile…
Voter pour Le Pen le 14 mars 2010, ce ne serait donc pas seulement mettre sous dialyse l’avenir des idées patriotes, ce serait aussi donner un nouveau chèque en blanc à un homme qui trahit et ses électeurs et ses idées.





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