L’équipe de France de football débutera en coupe du monde vendredi soir. Elle affrontera l’Uruguay. Que la France gagne ou perde, on attend aucun débordement, aucun mouvement de foule dans la nuit qui suivra ce match. De même, en Uruguay, on sait que l’ambassade de France pourra s’endormir paisiblement après le coup de sifflet final.
Dimanche après-midi, l’équipe d’Algérie entre à son tour dans la compétition en affrontant la modeste équipe de Slovénie. Ce match qui oppose deux équipes étrangères, même si l’une est européenne, se passera très loin de la France, à l’autre bout de l’hémisphère sud. Pourtant, depuis des semaines, police et gendarmerie françaises travaillent à l’après-match, se préparent à voir descendre dans la rue des dizaines de milliers de maghrébins. La qualification de l’Algérie à la coupe du monde avait permis à la fin de l’année dernière d’assister partout en France à des scènes d’émeutes. A Toulouse, ces supporters algériens avaient même brulé le drapeau français place du capitole.
Entendons-nous bien ! Par supporters algériens, nous ne désignons pas des habitants d’Alger ou de Mostaganem qui seraient venus voir le match en France. Nous ne montrons pas du doigt des personnes qui soutiennent une équipe de football. Nous parlons de gens qui, prenant le football comme prétexte, en profitent pour des manifestations de haine antifrançaise. Nous parlons de foules installées chez nous depuis parfois des décennies et qui jouissent souvent de la double nationalité.
On peut donc se poser la question. Si le sport suffit à déclencher de telles scènes, qu’est-ce que la politique pourra donner demain ?





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